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Charles de Foucauld, déclaré saint,
Charles de Foucauld, déclaré saint,
ce dimanche 15 mai par le Pape François.
Depuis cent ans, les familles spirituelles issues de son charisme se multiplient. Des écrivains, des aventuriers et de simples chercheurs de Dieu se passionnent pour cet homme parti prêcher l’Évangile en silence, en terre d’islam.
Nul ne saurait pourtant adopter son mode de vie – et nul, d’ailleurs, n’avait accepté de le rejoindre dans son ermitage algérien de Tamanrasset. Mais sa trajectoire inspire irrésistiblement nos contemporains, tiraillés entre la soif d’absolu et la tentation d’être immédiatement rassasiés.
« Charles de Foucauld s’adresse en chacun de nous, à ce désir de nous dépasser », souligne le père Xavier Lefebvre, curé de l’église Saint-Augustin à Paris, où le futur saint a vécu l’instant décisif de sa conversion lors d’une confession à l’abbé Huvelin, en octobre 1886.
« Pendant des années, Charles cherchait à s’accomplir, dans l’armée, dans les fêtes magnifiques et les festins, mais sans Dieu. La tentation de notre temps, c’est de chercher à s’accomplir uniquement par soi-même, ce qu’on retrouve par exemple dans la pratique des sports de l’extrême. » Se jeter d’un sommet escarpé à skis, traverser le vide sur un fil sans être encordé… « On cherche à se prouver ce qu’on vaut, à répondre à cette injonction : “Montre qui tu es !”, poursuit le père Lefebvre, Charles de Foucauld nous pousse à prendre du recul : seul l’amour divin peut combler notre désir d’absolu. » Dans la frugalité et la simplicité, Charles de Foucauld a tissé un mode de vie aux périphéries, où « l’amitié sûre » avec ses frères berbères lui procurait une tout autre sécurité que celle de sa jeunesse repue, mais inquiète.
Sa quête perpétuelle, de l’abbaye de La Trappe à Nazareth, où il a écrit ses plus belles prières, jusqu’aux immensités sahariennes où il est mort assassiné le 1er décembre 1916, n’avait rien d’une fuite du réel.
« Charles de Foucauld sentait un double appel toujours plus grand, toujours plus fort : rejoindre le Christ dans la pauvreté, et se rendre proche de chacun pour prêcher l’Évangile par l’exemple, sans moralisme », expose le père Lefebvre.
Dans les sables du Hoggar, le futur saint avait trouvé un antidote à la désespérance, dont notre époque a tant besoin.
(Sources : article paru dans Le Pèlerin)