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DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT de la Conférence des Evêques de France (CEF) : VIOLENCES, CATASTROPHES NATURELLES, BIOÉTHIQUE… NOTRE SOCIÉTÉ EST-ELLE FRATERNELLE ?

  1. Le Conseil permanent des évêques de France, réuni les 5 et 6 octobre 2020, salue la publication de l’encyclique Fratelli Tutti, Tous frères. Le pape François nous y offre un grand texte. La foi en Dieu créateur et père de tous nous fait reconnaître en tous les êtres humains des frères et des sœurs à recevoir librement et joyeusement. La fraternité n’est pas seulement un sentiment ou un impératif moral : elle est une attitude globale qui se vit dans tous les domaines de l’existence. Elle est alors très exigeante, elle bouleverse les constructions sociales, mais elle est source de joie et de vie. L’encyclique appelle notre monde globalisé à ne pas se limiter à l’horizon des mécanismes économiques ou politiques mais à choisir la fraternité avec les pauvres comme perspective d’une politique et d’une économie qui fassent grandir l’humanité. Les diocèses et les paroisses auront à cœur de favoriser et d’accompagner la réception de ce texte.

  2. La publication de l’encyclique vient à point nommé pour notre pays, au moment où les autorités publiques s’inquiètent de l’action de groupes qui voudraient soustraire certains quartiers de nos villes aux lois qui régissent notre société. La lutte contre la violence et la surveillance des comportements sont sans doute nécessaires, mais elles resteront insuffisantes et impuissantes, si tous, nous ne travaillons pas à construire des relations de fraternité sans lesquelles la liberté et l’égalité perdent leur sens. La fraternité peut être plus forte que les menées séparatistes, si elle est vécue en vérité, sans naïveté et avec constance. Des lieux de culte chrétiens subissent de plus en plus en souvent des dégradations et, parfois même, des profanations. Des mosquées, des synagogues, des cimetières juifs également, nous ne l’oublions pas. Des personnes sont moquées et parfois agressées et même tuées, en raison de leur appartenance religieuse réelle ou supposée. Les évêques du Conseil permanent regardent avec attention les mesures prises par le gouvernement. Mais une culture du respect, de la connaissance mutuelle, de l’acceptation des autres, ne grandit pas par des injonctions. Les communautés chrétiennes sont appelées par l’encyclique du pape François à trouver un dynamisme nouveau dans cette direction. L’approfondissement de la foi va de pair avec une ouverture de cœur et d’esprit plus grande.

  3. Dans quelques jours, le Sénat reprendra la discussion de la révision des lois de bioéthique. Les évêques de France ont, depuis longtemps, fait part de leur inquiétude devant les dispositions du texte voté par l’Assemblée nationale. Depuis quelques semaines, la pression monte à l’Assemblée nationale pour que soient allongés encore les délais de l’avortement sous couvert de droits des femmes et d’égalité, on réduit la filiation à un simple acte de la volonté de ceux ou de celles qui prétendent devenir parents. Un enfant n’est plus accueilli, il est désiré, produit et choisi. Une société peut-elle être fraternelle lorsqu’elle n’a rien de mieux à proposer aux mères en détresse que l’élimination de l’enfant qu’elles portent ? Une société peut-elle être fraternelle lorsqu’elle organise la naissance d’enfants qui n’auront pas de père, tout au plus un géniteur ? Une société peut-elle être fraternelle lorsqu’elle renonce à reconnaître les rôles de la mère et du père, lorsqu’elle ne reconnaît plus que le lieu digne de l’engendrement d’un être humain est l’union corporelle d’un homme et d’une femme qui ont choisi d’unir leur vie pour créer un espace d’alliance et de paix au milieu de ce monde magnifique et dangereux ? Les évêques du Conseil permanent encouragent les parlementaires qui prennent ces sujets au sérieux ; ils invitent tous les citoyens, spécialement les catholiques, à s’informer de ces sujets et à faire connaître leurs réticences et leur opposition aux dispositions annoncées. Notre société ne doit pas se laisser entraîner subrepticement dans une voie dangereuse pour l’avenir de l’humanité.

  4. Le pape François nous le rappelle avec force : quoi qu’il en soit des lois, quoi qu’il en soit de la manière dont un être humain vient au monde, chacun, chacune est à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’Église catholique accueille tout être humain, quelle que soit son origine et quelles que soient ses opinions, avec respect et espérance. Elle s’émerveille de tout acte de fraternité réelle : ils ont été nombreux pendant le confinement et ils le sont, en ce moment même dans les Alpes-Maritimes durement frappées. Quoi qu’un être humain ait fait, un chemin vers le Père lui est ouvert et il vaut toujours la peine de prendre ce chemin.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la CEF,
Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard, vice-président de la CEF,
Mgr Olivier Leborgne, évêque nommé d’Arras, vice-président de la CEF,
Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris,
Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois,
Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers,
Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen,
Mgr Philippe Mousset, évêque de Périgueux,
Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre,
Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers.

Encyclique du pape François

Pour lire la dernière encyclique du pape François, « TOUS FRERES», se rendre sur le site de : église-catholique.fr ou de  la Croix ou celui du Vatican, ou sur papier à la librairie diocésaine. 

Au sujet de cette encyclique, Ahmed Al-Tayyeb, grand imam de l’université Al-Azhar du Caire, déclare le 5 octobre : « Le pape François restitue sa conscience à l’humanité ».

Confirmations le samedi 10 octobre à 18h30 à Querrieu par Mgr Leborgne

Monseigneur Leborgne confirme les jeunes de notre secteur ce samedi 10 octobre. La feuille de cette messe est ici

NOUVELLES ADRESSES INTERNET

Pour mieux communiquer avec les paroisses et les prêtres, le diocèse vient d’attribuer de nouvelles adresses mails :

stecolette@diocese-amiens.com

ndesperance@diocese-amiens.com

stmartinhallue@diocese-amiens.com

Toute personne peut donc envoyer un message à ces adresses.

Néanmoins, nos boîtes mail actuelles ne sont pas suspendues et fonctionnent normalement. Pour rappel :

paroisse-sainte-colette-80@wanadoo.fr

pstmartindelhallue@gmail.com

centreparoissial.villers-bretonneux@orange.fr

CORONAVIRUS , de nouvelles mesures de protection jusqu’au 12 octobre

De nouvelles mesures de protection entrent en vigueur. Elles seront réévaluées le 12 octobre prochain

Port du masque

Le port du masque devient obligatoire dans un périmètre de 50 mètres autour des églises et salles paroissiales ainsi que sur les parkings. Le lavage des mains et le port du masque sont obligatoires à l’entrée des offices, pour tous, sauf pour le président de la célébration quand il est seul à la présidence, les lecteurs et l’animateur de chant quand il est au pupitre.

Limitation (jauge) des rassemblements

Toutes les célébrations du culte sont possibles dans le respect des gestes barrières sans limitation de chiffres imposés. Les fêtes familiales, après baptêmes, professions de foi et mariages par exemple., ne peuvent pas rassembler plus de 30 personnes.

Messe de la Saint Firmin dimanche 27 septembre 10h30 à Querrieu

La feuille de messe est ici

Saint Firmin 2020

Dernières informations sur la Saint Firmin 2020 ici

Lourdes en Somme : méditation de Don Edouard

A l’occasion de cette semaine du 15 août nous pouvons lire ou relire les méditations proposées lors de la semaine de Lourdes dans la Somme.

Voici la quatrième et dernière


L’Immaculée Conception

Méditation de Don Edouard.

Je suis « l’Immaculée Conception ».

Qu’est-ce que cela signifie pour moi aujourd’hui ? Je suis » l’Immaculée Conception ».

Est-ce que ça veut dire que Marie est inaccessible, elle a marché sur la terre, sur la pointe des pieds, elle a juste effleuré ou est-ce qu’elle a vraiment vécu ma condition d’homme, ma condition d’humanité comme le Christ l’a vécue. ? D’ailleurs vous savez le Christ, lui qui était de condition divine, ne retint pas, pour lui, cette condition divine, mais il s’est fait obéissant, obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. Il est descendu, il s’est abaissé et après il a été exalté mais il a connu l’obéissance à son père jusqu’à même devenir esclave, il a pris sur lui le péché des hommes.

Et Marie, elle a été humaine, elle qui est « l’Immaculée Conception », elle a participé comme le Christ à l’obéissance à Dieu et elle a pris toute notre humanité dans toutes ses dimensions, elle n’a pas fait semblant d’être une femme pétrie de la terre. On le voit très bien dans sa relation avec son fils, elle, qui a vécu tous les grands mystères de la Foi : l’Incarnation, le Mystère Pascal, la mort et la Résurrection du Christ et puis la Pentecôte. Elle, qui a tout vécu du Mystère du Christ, elle est très proche de nous. Et pour nous, c’est important parce que nous pouvons être disciples de Marie, qui elle-même disciple du Christ qui lui-même obéit à son père.

Vous voyez, on peut rentrer dans ce grand mouvement, une adhésion à la volonté.

Regardons un petit peu plus la Vierge Marie, elle, dont le vieillard Syméon a dit, vous vous souvenez, à la présentation au temple : « Un glaive de douleurs te transpercera le coeur, un glaive de douleurs ! »

Marie, elle a participé vraiment à la souffrance du Christ et à son obéissance.

Je me souviens de cette scène qui m’a beaucoup marquée, de Jésus retrouvé au temple après trois jours. Vous vous souvenez de ce que dit Marie. Elle dit : « Vois, ton père et moi, comme nous étions angoissés en te cherchant ».

Mais Jésus dit : « Mais je dois être aux affaires de mon Père. Ne savez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? » Alors il aurait été soumis, obéissant. Mais Marie a reçu cette première humiliation de son fils qui lui dit : « Je ne suis pas seulement à toi, Marie, je ne suis pas seulement à Joseph, mais je suis aux affaires de mon Père ».

Elle l’avait déjà, je pense, pressenti au moment de l’Adoration des Mages, quand ils ont apporté l’or, la myrrhe et l’encens. Elle a déjà senti que son fils ne lui appartenait pas totalement.

Souvenez-vous d’autres scènes, à Cana, le premier signe de Jésus. Quand Marie essaie d’indiquer : « Ils n’ont plus de vin »

« Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi »?

Vous croyez que Marie n’a pas reçu cela avec amertume, avec douleur dans sa vie de femme ? Elle a progressé dans la Foi, elle a suivi son fils sur le chemin mais elle a dû accepter aussi ce dépouillement, cette purification de ce qu’elle est dans son humanité, elle qui est une disciple aussi et qui a besoin de vivre le fait d’être émondée, comme la vigne a été émondée , cette parole qui est comme un glaive de douleur, cette parole l’a émondée dans son chemin de foi, de dépouillement, de ce qui était sa volonté propre et elle a dû donner son fils. C’est vraiment un chemin de vie spirituelle, à l’école de celui qui a lui-même appris à faire la volonté du Père. « Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi » ?

Alors le Seigneur Jésus fait ce qu’elle a indiqué puisque il va changer l’eau en vin, même elle retient, elle médite toutes ces choses dans son cœur, quand elle a retrouvé son fils à douze ans, quand elle est à Cana, elle médite tous ces événements, ces paroles dans son cœur, mais elle les vit aussi comme une souffrance, un détachement.

Souvenez-vous de cette parole : vous savez : Marie est avec les cousins, on appelle cela les frères de Jésus, les cousins de Jésus, avec sa parenté, et Jésus passe un peu pour un fou. Jésus ne mange pas, il n’avait pas le temps de manger, la nuit, il ne dort pas, il prie, il rassemble des gens autour de lui, il a une réputation qui commence à grandir, et bien Marie vient le chercher : « Ta mère et tes frères sont là-dehors qui cherchent à te parler ».

« Qui sont ma mère et mes frères » ?

Vous entendez, vous, je pense à celles qui m’écoutent et qui sont mères, votre enfant qui vous dit : « Mais qui est ma mère » ?

Ma mère, c’est plutôt celui qui écoute la Parole de Dieu et qui la met en pratique. Quelqu’un lui avait dit : « Heureuse celle qui t’a conçu et qui t’a allaité » ! Et Jésus dit : « Heureux plutôt celui qui écoute la Parole de Dieu ».

Et c’est des petites paroles crucifiantes que Marie a vécues parce qu’elle a été entraînée dans ce grand mouvement d’abaissement que son fils a vécu lui-même, le dépouillement de lui-même pour faire la volonté du Père. IL a appris la volonté du Père.

Pensons aussi à ces saintes femmes qui entouraient Jésus pendant toute sa mission. Vous savez, elles l’aidaient de leurs biens, elles s’occupaient de la vie du groupe, elles s’occupaient de Jésus, peut-être qu’elles s’occupaient de ses vêtements, elles faisaient les courses, peut-être qu’elles prévoyaient un peu les déplacements. C’est un peu le rôle d’une mère, en plus, lui c’est son fils unique, et c’est un fils unique qui n’est pas marié. Et bien Marie apprend aussi le dépouillement de laisser son fils à d’autres femmes qui vont s’occuper de lui. Ce n’est pas si simple, on va mettre des petits détails comme cela, de cette purification, que va vivre la Vierge Marie jusqu’au pied de la croix.

« Voici ton fils ».

D’une certaine manière, je ne suis plus ton fils et au pied de la crois, Jésus dit à Marie : « Voici ton fils » en parlant de Jean, le disciple que Jésus aimait. Encore un signe de dépouillement, d’apprentissage de la volonté. L’agonie que Jésus a connue au Jardin des Oliviers : « Père, que cette coupe s’éloigne loin de moi » !

Est-ce que Marie ne l’a pas connu, elle aussi ce dépouillement progressif, elle qui suivait le Christ mais qui devait s’en détacher ? Elle, qui avait, toute sa place dans le cœur de son fils, mais elle a été un modèle de la Foi, un modèle de l’Espérance, un modèle de la Charité, un modèle de disciple, qui apprend à faire la volonté d’un autre, qui apprend qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, y compris de la part de son fils, y compris de la part de Dieu.

Donc Marie, vraiment, c’est un modèle de cette parole de Dieu que nous aimons, qui nous purifie, qui nous fait grandir, qui nous dépouille de ce qui fait notre « moi » égocentrique, qui nous ouvre à la volonté de Dieu, qui, nous ouvre à la volonté du Christ

Alors avec Marie, je suis ce chemin de dépouillement, oui elle est « l’Immaculée Conception », mais elle est vraiment humaine, elle est vraiment femme, elle vit une vie spirituelle, elle est guidée, elle est formée par son fils.

Et moi, je veux être formé par Marie ou en Marie, à l’école du Christ, pour être un vrai disciple, pour apprendre aussi le chemin de la croix, le chemin du Mystère Pascal, qui est le seul chemin qui ouvre vraiment le Salut et qui fait que Marie est un témoin pour aujourd’hui.

Marie est un témoin pour aujourd’hui.

 

Lourdes en Somme : méditation de Bertrand Ledieu

A l’occasion de cette semaine du 15 août nous pouvons lire ou relire les méditations proposées lors de la semaine de Lourdes dans la Somme.

Voici la troisième


L’Immaculée Conception

Méditation de Bertrand Ledieu :

Je suis « l’Immaculée Conception ».

Ces mots sont mystérieux tels que Bernadette les reçoit de la Vierge Marie à Lourdes, mais Marie sait parler le langage qui peut rejoindre cette toute jeune fille. Elle ose dire, en patois basque, qu’elle est « l’Immaculée Conception ». Alors la première chose que je retiendrai, c’est que « l’Immaculée Conception », le dogme de l’Immaculée , ce n’est pas ce qui coupe Marie de nous, ce qui sépare Marie de nous, sinon pourquoi se serait-elle intéressée à la plus petite qui était à Lourdes, selon les propos mêmes de Bernadette Soubirous, sinon pourquoi se serait-elle risquée à parler la langue de cette enfant, oser dire des mots de théologien, des mots d’une grande complexité peut-être pour nous, à une toute petite et dans la langue qu’elle sait entendre, qu’elle sait parler et dans laquelle elle osera faire l’annonce de sa rencontre à son curé.

Alors oui « l’Immaculée Conception », ce n’est pas ce qui ferait de Marie une super femme, habitée d’un super pouvoir, celui d’ être à l’abri de tout péché, on dirait un peu vite et un peu mal «  parfaite » donc là encore c’est vrai ce que nous sommes.

Or, le dogme de « l’Immaculée Conception », je ne vais pas l’exposer en quelques mots, mais je retiendrai une intuition toute personnelle pour dire justement que ce dogme ne dit pas que Marie est radicalement différente, autre, loin de nous. Elle serait plutôt cette humanité réconciliée déjà avec Dieu, libérée.

Pour moi, « l’Immaculée Conception » dirait que Marie est la femme parfaitement libre dans toute la vie, libre dans notre histoire. Dieu lui a donné la liberté d’être même préservée du péché, de ce qui nous rend esclave, esclave de nos égoïsmes, esclave de nos peurs, esclave de nos morts, ce qui nous retient, ce qui nous abîme.

Et « l’Immaculée Conception », ce n’est pas exprimé d’une manière claire et sensible, nous est révélé même dans la Parole surtout si on suit les leçons de Saint Luc.

Qu’est-ce que nous dit Luc dans l’Annonciation à la Vierge Marie ?

La liberté pour dire « oui ». Ce « oui », il vient d’elle, il vient de cette liberté que Dieu lui a accordée. Marie n’est pas la petite chose qui obéit à Dieu. Marie n’est pas une espèce de robot programmé par Dieu dès avant sa conception pour être un ventre parfait pour son Fils. Non, Marie est une femme libre et on l’entend depuis un moment dans le chant du Magnificat, dans son chant, une femme libre, pleine de vie, qui choisit librement, sans contrainte. C’est un vrai consentement de dire « oui » au projet de Dieu.

Je suis celle qui dit : Je suis « l’Immaculée Conception », je suis celle qui est libre. Et Marie, du coup, elle est proche de nous, elle nous ouvre un chemin qui dit : « Tu peux être libre, dans le consentement d’amour à Dieu » et elle nous dit en écho à son fils déjà que la vraie liberté, elle se situe dans la manière dont nous aimons, que Dieu nous a fait comme être pour aimer et puis :

Je suis « l’Immaculée Conception », dit la Vierge, c’est peut-être aussi l’invitation pour nous, et c’est un prêtre qui ose le dire, et bien modestement, à regarder aussi toute la dimension de la part féminine de l’Eglise. L’église se dit aussi au féminin. Marie, et le Pape François l’a rappelé, est Mère de l’Eglise. Mère, femme, tout n’est pas dit dans le fait qu’elle est mère, elle est aussi femme. Cette femme, cette jeune femme, pleine de liberté, pleine d’espérance, prête au défi, même si le Magnificat est un texte qui reste, je crois, mystérieusement très subversif.

Alors la démarche de contemplation du mystère de l’Immaculée Conception est peut-être aussi une démarche d’émerveillement devant tout l’engagement féminin de l’église.

Marie et Bernadette sont deux belles images de cet engagement, une invitation aussi, peut-être à plus reprendre au sérieux, la question de la place de nos femmes, de nos sœurs, de nos mères, de nos filles dans l’église et dans le projet de Dieu. Le projet de Dieu n’est pas que l’œuvre d’un Moïse, des prophètes, des rois, mais aussi de tant de femmes que Marie nous invite à redécouvrir, des Ruth,… tant et tant d’autres et même jusqu’à regarder d’une manière réconciliée Eve, qu’on accable un peu bien vite, parce que le fameux péché originel dont Marie est préservée n’est pas que le péché d’Eve, c’est le péché d’Adam et surtout une blessure dont tous les deux sont victimes et toute notre humanité est victime et dont le Christ vient nous guérir, nous rendre la vraie liberté , la liberté pour aimer.

Alors oui, Marie n’est pas celle qui, séparée dans la solution au ciel, celle qui serait trop lointaine, mais celle qui, à l’image de son Fils, veut être la plus proche et nous dit toujours : « Faites tout ce qu’Il vous dira ».

La fête de l’Immaculée Conception » nous dit : « Regarde le Christ, le libérateur de nos vies, regarde-le, pour ce que tu es, la grâce d’être homme ou femme, la grâce d’être enfant devant Dieu, une grâce qui fait de l’homme et de la femme aussi des égaux, une grâce qu’il nous faut toujours retrouver. Dieu a voulu sauver toute l’humanité en plaçant ainsi par les visages et l’unité, le masculin en Jésus et sauver l’humanité aussi dans le consentement du fait humain, mais soyons justes : quand Marie parle, elle ne parle pas que pour les femmes, mais aussi pour elles, mais aussi pour l’humanité, pour chacun d’entre nous.

Alors il y a peut-être aussi ce mystère de réconciliation à contempler dans le monde et dans l’église, sur le rôle de l’homme et de la femme dans le projet de Dieu, des égaux qui construisent l’église, qui font croire au Royaume de Dieu.

Beaucoup de choses se sont dites entre Marie et Bernadette, entre l’Immaculée Conception  et une petite fille d’Eve, des paroles de tendresse, des paroles de réconciliation, des paroles d’espérance.

Après cette année compliquée, entendre Marie dire : Je suis l’Immaculée Conception, c’est aussi dire : Dieu est le libérateur de nos confinements, le libérateur de nos angoisses, celles des malades, celles des plus fragiles, celles de tous ceux qui ne seront jamais forts.

C’est dans l’amour que Dieu nous offre en Jésus, cet amour qu’elle consent pleinement, la Vierge Marie.

Lourdes en Somme : méditation de Monseigneur Leborgne

A l’occasion de cette semaine du 15 août nous pouvons lire ou relire les méditations proposées lors de la semaine de Lourdes dans la Somme.

Voici la seconde


L’Immaculée Conception

Méditation de Monseigneur Leborgne.

L’Immaculée Conception, l’expression peut paraître étrange aujourd’hui. Certains y tiennent plus que tout, et d’autres sont un peu effrayés.

Je me souviens de cette femme qui me disait : « Mais Père, le péché de chair n’est permis que dans le mariage ». Je lui ai fait répéter pour être sûr d’avoir bien entendu ce qu’elle disait. Elle pensait donc que la sexualité était toujours mauvaise et éventuellement permise dans le mariage.

L’Immaculée Conception, la conception, l’Immaculée, la pureté, comme si l’église avait peur de la sexualité. Le dogme de l’Immaculée Conception renvoie à toute autre chose.

Marie est née de Joachim et Anne. Ils ont dû s’aimer d’une manière que je ne connais pas, il y a toujours des dimensions culturelles dans l’amour. Mais ça a dû être une très belle histoire d’amour. En tous les cas Marie est née du don de Joachim et Anne qui est passée par le don des corps, il n’y a aucun doute là-dessus que c’était une très bonne chose.

Mais l’Immaculée Conception, renvoie à toute autre chose

Que soy era immaculada councepciou.

Je ne suis pas sûr de parler très bien le patois bigourdan, mais Marie le parlait nettement mieux quand elle s’est adressée à Bernadette lors des apparitions.

Je suis l’Immaculée Conception, le dogme est défini quatre ans auparavant. Bernadette, nous le savons, ne peut pas le connaître et ne sait pas ce que cela veut dire. Elle entend ces mots qu’elle va aller répéter au curé de Lourdes qui va du coup basculer. Il était très réservé par rapport à ce que disait Bernadette, il va devenir son premier soutien.

Que soy era immaculada councepciou, je suis l’Immaculée Conception.

Pour comprendre ce dogme, c’est-à-dire cette vérité de Foi qui ouvre sur la plénitude du Mystère de Dieu : un dogme n’a pas été défini par le Pape tout seul dans sa bulle. Il a consulté tous les évêques du monde, et il reprend une tradition très ancienne dans l’église et donc le dogme de l’Immaculée Conception peut être compris dans le fait qu’il a été confirmé par Marie auprès de Bernadette, une petite, une pauvre, la pauvre de Lourdes. Dans le Mystère, la réalité, le dogme de l’Immaculée Conception, ce qui est désigné, c’est un mystère d’humilité, c’est-à-dire, non pas d’écrasement mais de réceptivité, d’ouverture, de disponibilité.

Marie, depuis sa conception, depuis qu’elle a été conçue dans l’amour de Joachim et Anne par une grâce spécifique de Dieu anticipée de la Résurrection, a été pleinement disponible au don de Dieu. Cette vie est tellement disponible, totalement disponible. L’écriture en a une trace : Elle est comblée de grâce. La plénitude, elle en est comblée, il n’y a pas une place en Marie pour autre chose que la grâce mais le fait qu’elle y soit complètement disponible lui fait dire un « oui » total à Dieu et lui fait devenir une femme d’une liberté, d’une audace incroyable, au point qu’elle ne sera pas surprise quand Dieu s’adressera à elle. Étonnant l’ange s’adresse à elle à l’Annonciation.

Qui d’entre nous a l’habitude de voir un ange ? Elle, elle n’est pas surprise. Elle est surprise par l’annonce mais pas par la rencontre de l’ange et elle ne met pas en doute, elle fait confiance. Elle n’est pas idiote. Elle interroge.

Comment cela va-t-il se faire ? Elle a confiance et elle a envie de comprendre pour aller plus loin. Elle est pleinement disponible au don de Dieu. Sa vie est depuis le commencement un « oui » qui s’épanouit de « oui » en « oui » et qui, ce faisant, en fait une femme profondément libre qui peut choisir Dieu, et tellement libre qu’elle en devient audacieuse et qu’elle nous donne le Christ.

Je suis l’Immaculée Conception, c’est un appel pour chacun d’entre nous. Marie, lui demander la grâce de cette humilité, c’est-à-dire de ce décentrement de nous-mêmes, non pas pour nier ce que nous portons comme promesse mais au contraire pour que notre vie devenant un « oui » total à Dieu puisse épanouir tout ce que Dieu y a mis, comme promesse, comme chemin, comme espérance.

Je suis l’ Immaculée Conception ne fait pas de Marie une extraterrestre, elle est la première en chemin, celle qui nous entraîne dans son humanité pour dire un « oui » total et définitif à Dieu, celle qui nous dit, que dans notre humanité, ce « oui » est possible et qu’il apporte la joie, qu’il est le chemin de la Vie Eternelle.

Je suis l’Immaculée Conception.

Que le Seigneur par Marie vous bénisse, soit votre force et votre joie.

N’ayez pas peur avec Marie de dire « oui ». Vous ne serez jamais déçus.