Archives de Catégorie: Editorial

Vivre dans la confiance

En cette année de pandémie, le temps qui passe nous pèse et peut nous sembler bien long, bien triste…

Mais…

Un nouveau président des USA soulève l’enthousiasme populaire dans son pays et dans le monde. Notre nation vient de rendre un hommage vibrant à nos frères de Nice, victimes de la barbarie ainsi qu’à ceux de « 14-18 », héros de la patrie. Nos cimetières fleuris, en ce mois de novembre, honorent également la mémoire de nos chers disparus. J’ose emprunter au Général de Gaulle sa profession de foi : « La vie, depuis qu’elle parut sur terre, livre un combat qu’elle n’a jamais perdu ». Mais aussi à Maurice Genevoix, cette parole bienveillante : « Voici le moment où il faut que les vivants se retrouvent ! »  

Ce dimanche, la Parole de Dieu nous invite à ne pas faiblir et à ne pas gâcher nos capacités, telle cette femme qui, dans son travail, se donne et force l’admiration de tous. (Livre des Proverbes).

La parabole des talents révèle la confiance que Dieu met en l’homme, chargé de faire fructifier sa vie pour le bien d’autrui et celui de la création. « Ne restez pas endormis, soyez vigilants… » (St Paul dans la deuxième lecture). Oui, Dieu a mis en nous des talents à développer dans un esprit de responsabilité et d’audace, pour entreprendre…

On comprend alors qu’il s’agit d’oser, de prendre des risques, de faire fructifier cet amour de Dieu qui n’est pas fait pour être enfoui ni emprisonné dans des mots et des formules.

Non à la passivité, oui à l’action ! Tel est le message que nous adresse la Secours Catholique en cette journée mondiale de solidarité avec les plus démunis, ceux qui vivent dans la misère et la pauvreté !

 Jean-Marc Boissard, prêtre

Une invitation à la rencontre

Lors d’un mariage, nos regards se portent sur les époux qui scellent entre eux une alliance éternelle. Image forte de celle de Dieu qui scelle alliance avec son peuple pour toujours. Dans l’évangile de ce dimanche, il n’est question que de l’époux qui vient. Rien n’est dit sur son épouse. Cela ressemble étrangement à l’évangile des noces de Cana. Où se cache donc l’épouse ?

Dix demoiselles d’honneur attendent la venue de l’époux qui tarde. Pourquoi tarde-t-il ? Cherche-t-il son épouse ? Autant de questions sans réponses. Nous sommes renvoyés à nous-mêmes pour en trouver la clé…

Et si Jésus nous disait simplement que son épouse c’est l’Église qui attend son retour, ne sachant ni le jour ni l’heure, veillant dans la prière, lampes allumées.  Et si l’épouse c’était chacun, chacune d’entre nous avec nos communautés que le Seigneur attend !

Comme ces jeunes femmes, nous sommes tantôt insouciants, la tête ailleurs, croyants mais pas pratiquants, selon les moments… tantôt vivant dans la certitude que le Seigneur est à nos côtés…  Donc, vers quel but tendons-nous ? De quoi avons-nous soif ? Quelles sont nos attentes ?

Dans cette parabole, le Christ nourrit notre espérance en sa seconde venue. Pendant ce temps de confinement, ne manquons pas le rendez-vous de la rencontre avec le Seigneur. Prier, c’est tenir bon avec nos lampes allumées !

 Jean-Marc Boissard, prêtre

Heureux les artisans de paix !

Heureux ceux qui ressemblent à Jésus ! C’est avec gravité, en ces temps d’horreur, d’actes terroristes et de re-confinement, que nous célébrons la TOUSSAINT, fête de tous les saints. « La sainteté, nous dit le pape François, ne signifie pas faire des choses extraordinaires, mais faire celles qui sont ordinaires avec amour et avec foi ». Dieu, dès maintenant, source de paix et de bonheur pour qui met sa confiance et son espérance en Lui !

Les Béatitudes, c’est « la carte d’identité du chrétien » ajoute le pape François, « car elles dessinent le visage de Jésus lui-même, son mode de vie ». Sont bénis ceux qui ne vivent pas sur eux-mêmes dans l’auto-suffisance, portent sur l’autre un regard de tendresse et de compassion, s’engagent avec ceux et celles qui souffrent. Au côté des sans-voix, ils agissent pour le respect de la dignité de chaque être humain et pour la paix.

« Ils sont nombreux les bienheureux », allons-nous chanter en communion avec tous ceux et celles qui sont morts, vivant de l’amour de Dieu, de son Esprit et qui intercèdent pour nous.

Oui, marchons maintenant en présence du Seigneur par le don de nos vies.

 Jean-Marc Boissard, prêtre

Bâtisseurs d’un monde meilleur

Jésus nous parle. Il nous dit pourquoi Il s’est fait homme. Quel message nous transmet-Il ? : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. » Faire passer le Seigneur avant toute chose, c’est ce à quoi nous sommes appelés. La prière, en tout lieu, oriente nos journées et toutes nos activités. C’est bon de se sentir aimé, protégé et de savoir que l’on peut compter sur la présence de Dieu à nos côtés. Le Seigneur est ce roc sur lequel je peux m’appuyer. Psaume 17.

Jésus ajoute : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » On ne peut opposer Dieu à l’homme ni l’homme à Dieu. Pécher contre son prochain, c’est pécher contre Dieu. Nos relations humaines sont donc à prendre au sérieux. « Ce que vous faites à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faites », nous dit Jésus. Ou encore : « Tu ne maltraiteras pas l’étranger, la veuve et l’orphelin. »

En ce dimanche, nous recevons des paroles qui entrent en résonance avec ce que nous vivons. Résistons à l’individualisme…

 Jean-Marc Boissard, prêtre

Me voici, envoie-moi (Isaïe 6,8)

Qu’est-ce qui revient à Dieu ? Qu’est-ce qui revient à César ? A l’aide d’une pièce d’un denier, Jésus nous répond : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Certains y verront le fondement de la laïcité, de l’autonomie de la société. Mais il est impossible d’opposer Dieu à sa création, à notre prochain et à nos devoirs de citoyens.

Servir est notre plus belle mission. Mais servir qui ? Servir Dieu ? Servir les autres ? Les deux à la fois ?

Le service des hommes au nom du service de Dieu a pour nom la « charité », au sens premier du terme, qui est l’expression même de l’amour de Dieu. L’amour rend notre foi active, stimule notre espérance et notre prière. L’apôtre Paul nous dit que Dieu nous a choisis, choisis pour faire le bien, pour annoncer l’Évangile, en témoigner et le rendre vivant dans le monde. C’est une bonne nouvelle, un beau cadeau que Dieu nous fait.

Ce qui est pertinent dans la parole de Jésus : ne sacraliser aucun pouvoir (l’empereur était divinisé) et ne pas faire jouer à Dieu le rôle de César (un Dieu temporel), car ce qui est à l’effigie de Dieu, ne l’oublions pas, c’est l’être humain créé à sa ressemblance. (Gn 1,26). Rendons grâce à Dieu -Notre Père- pour l’œuvre merveilleuse à accomplir…

 Jean-Marc Boissard, prêtre

Un banquet offert à tous

Alors que la pandémie mondiale restreint tous les rassemblements et même les réunions familiales, voici que le Seigneur nous invite à sa fête, celle du « royaume », une fête géante de fraternité universelle. Aimer sans frontières, sans faire de différences entre les hommes, inviter le tout venant, « les mauvais comme les bons », précise l’évangile ; nous sommes dans l’enchantement de l’amour surabondant de Dieu, miséricordieux pour chacun. Venez à la fête…le repas est grandiose et gratuit. Or, les invités répondent avec désinvolture qu’ils ont mieux à faire…

Voici que cette invitation nous rejoint sur nos chemins. Il nous est demandé par le Seigneur, une ouverture du cœur et de l’esprit, plus large et plus en profondeur. La « Maison-Dieu » est une maison pour tous. Nous n’avons donc pas à juger les personnes, c’est l’affaire de Dieu. Le Seigneur nous invite à la joie et nous demande de la partager… Le repas des noces évoque l’eucharistie : « Heureux les invités au repas du Seigneur. » Rendons grâce…

Ce dimanche 11 octobre inaugure la Semaine Missionnaire Mondiale. Le pape François, dans sa nouvelle encyclique « Fratelli Tutti – Tous Frères », nous invite à être disciples missionnaires dans un mode de vie au goût de l’Evangile, dans la simplicité et l’amour fraternel…

 Jean-Marc Boissard, prêtre

Donner ses fruits au monde : c’est la mission de chaque chrétien

Dans la parabole de la vigne, Dieu nous appelle à « porter du fruit », chacun donnant sa vraie mesure. La vigne est un symbole qui a plusieurs sens : celui de la fécondité avec son fruit, le raisin ; celui de la fête avec le vin, « fruit de la terre et du travail des hommes » ; celui du sacrifice du Christ en croix, fruit de la vie de Dieu donnée en abondance dans chaque eucharistie, en signe d’Alliance, de communion profonde.

Nous avons tous en mémoire cette parole de Jésus : « Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron » (Jn 15,1). Une manière de nous dire : « Je suis le cep nourricier, la sève, le fruit qui vous nourrit ». En avons-nous vraiment conscience ?

Il nous faut lire et relire cette parabole car elle est d’actualité. L’homme, comme au temps de Jésus, se croit maître de tout et le revendique. Il se prend pour le propriétaire des biens de  la terre, n’hésite pas à les dilapider, voire à employer la violence pour arriver à ses fins. De fait, il refuse de reconnaître le vrai maître en oubliant que l’humanité est cette vigne que Dieu chérit. Oui, Dieu offre à l’homme sa création, un vignoble à cultiver, du raisin à produire, du vin à goûter, de la joie à partager, de l’amour à communiquer…

En ce dimanche 4 octobre, la figure de St François d’Assise nous est donnée par le pape François comme référence pour notre temps. Sous le regard de Dieu, il nous revient de faire croître l’amour, jailli du cœur du Christ-Jésus qui nous envoie vers tous nos frères.

 Jean-Marc Boissard, prêtre

Sur la route des hommes…

Sur la route des hommes…

L’histoire de l’Eglise est riche de personnes dont la conversion a surpris tout le monde. En premier lieu, nous pensons à celle de Saint Paul, persécuteur des chrétiens, qui devient leur premier défenseur. Ou encore, à celle de Marie-Madeleine, prostituée de son état, saisie par le Christ, qui sème la bonne nouvelle de la résurrection du Seigneur au cœur du monde…

En Picardie, un jeune homme, Firmin, originaire de Pampelune, nous arrive vers la fin du IIIème siècle pour évangéliser notre terre de Somme dans laquelle il mourra martyr avec quelques compagnons, à l’endroit même où est bâtie l’église Saint- Acheul d’Amiens (la crypte peut toujours être visitée).

Faire mémoire de ces figures ravive notre foi et rend actuel l’appel à la mission. En la fête diocésaine de Saint Firmin, au cours de laquelle des adultes reçoivent le sacrement de confirmation, des défis nous sont lancés : être pour nos contemporains des porte-paroles de l’Evangile et de son espérance et être des porteurs de confiance en l’avenir.

« Oui » et ne pas faire ou « non » et finir par le faire, tel est le choix proposé dans la Parole de ce dimanche. Sommes-nous disponibles à changer et à évoluer dans nos comportements ?

Notre conversion sera toujours de choisir le Christ plus simplement, plus profondément.

 Jean-Marc Boissard, prêtre

 

 

Dieu embauche…

C’est toujours au moyen d’images que Jésus nous parle du Royaume des Cieux. Un maître embauche des ouvriers à sa vigne. Aucune compétence n’est requise… pas de CV à fournir ! D’un commun accord, chacun recevra selon ce qui est promis. Tous les demandeurs seront sur un pied d’égalité.

Et pourtant, lorsque vient le moment de la paie, la plupart des ouvriers sont déçus. Quel est ce maître qui donne, à ceux qui n’ont travaillé qu’une heure, autant qu’à ceux qui sont là depuis le matin ?

La logique de Dieu nous déconcerte. Elle n’est pas la nôtre. Dieu serait-Il injuste ? Non, Il tient parole. Ses vues ne sont pas les nôtres. Pour Lui, comme pour le maître de l’Evangile, les personnes priment sur la rentabilité et ne sont pas au service de celle-ci. Image du Royaume des cieux où la foi ne se mesure pas au nombre d’heures ni à celui des années. Cette foi est une réponse à un appel que l’on reçoit. Dieu n’est pas calculateur. Il est maître du temps et de l’appel. Son amour est le même pour tous. Réjouissons-nous de Sa justice et de Sa grande générosité qui se déploient abondamment.

Alors, quels renversements de valeur serait-il bon d’accueillir ? Suis-je, moi aussi, conscient, heureux d’être envoyé à la vigne du Seigneur ?

 Jean-Marc Boissard, prêtre

 

 

La vie est trop courte : redécouvrons l’indulgence

La vie est trop courte : redécouvrons l’indulgence

« Rancune et colère, voilà des choses abominables où l’homme pécheur est passé maître » (Ben Sira le Sage)

St Paul nous dit que la seule manière d’arrêter le mal, c’est de le désarmer : « Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais rendez-vous vainqueurs du mal par le bien » (Romains 12,21)

Si l’on reste sur ses positions et dans la spirale de la violence, l’exigence évangélique nous semblera impossible. L’amour, que nous sommes invités à vivre, nous pousse à ne pas retenir ce que l’autre a pu faire pour nous blesser, mais à toujours voir le bien, le bon, dans le présent, pour l’avenir. Cela est très exigeant, mais c’est le message d’amour et de pardon du Christ que nous recevons en ce dimanche. Le « Seigneur est tendresse et pitié. Il n’agit pas envers nous selon nos fautes. Il pardonne et ne nous rend pas selon nos offenses », chante le psalmiste.

Ai-je des dettes à remettre ? des pardons à donner, à redonner ?

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » « Luc 6,36 »

Avec la grâce de Dieu, tout est possible. Demandons-la.

 

 Jean-Marc Boissard, prêtre