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Visite pastorale de Mgr Le Stang (messe à Querrieu)

Quelques photos de la messe du mercredi 30 mars à Querrieu

ACTE DE CONSÉCRATION AU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

ACTE DE CONSÉCRATION AU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

 

Ô Marie, Mère de Dieu et notre Mère, en cette heure de tribulation nous avons recours à toi. Tu es Mère, tu nous aimes et tu nous connais : rien de tout ce à quoi nous tenons ne t’est caché. Mère de miséricorde, nous avons tant de fois fait l’expérience de ta tendresse providentielle, de ta présence qui ramène la paix, car tu nous guides toujours vers Jésus, Prince de la paix.

Mais nous avons perdu le chemin de la paix. Nous avons oublié la leçon des tragédies du siècle passé, le sacrifice de millions de morts des guerres mondiales. Nous avons enfreint les engagements pris en tant que Communauté des Nations et nous sommes en train de trahir les rêves de paix des peuples, et les espérances des jeunes. Nous sommes tombés malades d’avidité, nous nous sommes enfermés dans des intérêts nationalistes, nous nous sommes laissés dessécher par l’indifférence et paralyser par l’égoïsme. Nous avons préféré ignorer Dieu, vivre avec nos faussetés, nourrir l’agressivité, supprimer des vies et accumuler des armes, en oubliant que nous sommes les gardiens de notre prochain et de la maison commune. Nous avons mutilé par la guerre le jardin de la Terre, nous avons blessé par le péché le cœur de notre Père qui nous veut frères et sœurs. Nous sommes devenus indifférents à tous et à tout, sauf à nous-mêmes. Et avec honte nous disons : pardonne-nous, Seigneur !

Dans la misère du péché, dans nos fatigues et nos fragilités, dans le mystère d’iniquité du mal et de la guerre, toi, Mère sainte, tu nous rappelles que Dieu ne nous abandonne pas et qu’il continue à nous regarder avec amour, désireux de nous pardonner et de nous relever. C’est Lui qui t’a donnée à nous et qui a fait de ton Cœur immaculé un refuge pour l’Église et pour l’humanité. Par bonté divine, tu es avec nous, et tu nous conduis avec tendresse, même dans les tournants les plus resserrés de l’histoire

Nous recourons donc à toi, nous frappons à la porte de ton Cœur, nous, tes chers enfants qu’en tout temps tu ne te lasses pas de visiter et d’inviter à la conversion. En cette heure sombre, viens nous secourir et nous consoler. Répète à chacun d’entre nous : “Ne suis-je pas ici, moi qui suis ta Mère?” Tu sais comment défaire les nœuds de notre cœur et de notre temps. Nous mettons notre confiance en toi. Nous sommes certains que tu ne méprises pas nos supplications et que tu viens à notre aide, en particulier au moment de l’épreuve.

C’est ce que tu as fait à Cana de Galilée, quand tu as hâté l’heure de l’intervention de Jésus et as introduit son premier signe dans le monde. Quand la fête était devenue triste, tu lui as dit : « Ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 3). Répète-le encore à Dieu, ô Mère, car aujourd’hui nous avons épuisé le vin de l’espérance, la joie s’est dissipée, la fraternité s’est édulcorée. Nous avons perdu l’humanité, nous avons gâché la paix. Nous sommes devenus capables de toute violence et de toute destruction. Nous avons un besoin urgent de ton intervention maternelle.

Reçois donc, ô Mère, notre supplique.

Toi, étoile de la mer, ne nous laisse pas sombrer dans la tempête de la guerre.

Toi, arche de la nouvelle alliance, inspire des projets et des voies de réconciliation.

Toi, “terre du Ciel”, ramène la concorde de Dieu dans le monde.

Éteins la haine, apaise la vengeance, enseigne-nous le pardon.

Libère-nous de la guerre, préserve le monde de la menace nucléaire.

Reine du Rosaire, réveille en nous le besoin de prier et d’aimer.

Reine de la famille humaine, montre aux peuples la voie de la fraternité.

Reine de la paix, obtiens la paix pour le monde.

Que tes pleurs, ô Mère, émeuvent nos cœurs endurcis. Que les larmes que tu as versées pour nous fassent refleurir cette vallée que notre haine a asséchée. Et, alors que ne se tait le bruit des armes, que ta prière nous dispose à la paix. Que tes mains maternelles caressent ceux qui souffrent et qui fuient sous le poids des bombes. Que ton étreinte maternelle console ceux qui sont contraints de quitter leurs maisons et leur pays. Que ton Coeur affligé nous entraîne à la compassion et nous pousse à ouvrir les portes et à prendre soin de l’humanité blessée et rejetée.

Sainte Mère de Dieu, lorsque tu étais sous la croix, Jésus, en voyant le disciple à tes côtés, t’a dit : « Voici ton fils » (Jn 19, 26). Il t’a ainsi confié chacun d’entre nous. Puis au disciple, à chacun de nous, il a dit : « Voici ta mère » (v. 27). Mère, nous désirons t’accueillir maintenant dans notre vie et dans notre histoire. En cette heure, l’humanité, épuisée et bouleversée, est sous la croix avec toi. Et elle a besoin de se confier à toi, de se consacrer au Christ à travers toi. Le peuple ukrainien et le peuple russe, qui te vénèrent avec amour, recourent à toi, tandis que ton Cœur bat pour eux et pour tous les peuples fauchés par la guerre, la faim, l’injustice et la misère.

Mère de Dieu et notre Mère, nous confions et consacrons solennellement à ton Cœur immaculé nous-mêmes, l’Église et l’humanité tout entière, en particulier la Russie et l’Ukraine. Accueille cet acte que nous accomplissons avec confiance et amour, fais que cesse la guerre, assure au monde la paix. Le “oui” qui a jailli de ton Cœur a ouvert les portes de l’histoire au Prince de la paix ; nous espérons que la paix viendra encore par ton Cœur. Nous te consacrons l’avenir de toute la famille humaine, les nécessités et les attentes des peuples, les angoisses et les espérances du monde.

Qu’à travers toi, la Miséricorde divine se déverse sur la terre et que la douce palpitation de la paix recommence à rythmer nos journées. Femme du “oui”, sur qui l’Esprit Saint est descendu, ramène parmi nous l’harmonie de Dieu. Désaltère l’aridité de nos cœurs, toi qui es “source vive d’espérance”. Tu as tissé l’humanité de Jésus, fais de nous des artisans de communion. Tu as marché sur nos routes, guide-nous sur les chemins de la paix. Amen.

Lettre du Pape François

PRIÈRE D’INTERCESSION POUR LA PAIX EN UKRAINE

En ce jour de consécration de la Russie et de l’Ukraine à Notre Dame nous pouvons reprendre la prière d’intercession pour la paix en Ukraine

Seigneur Jésus,
tu es le prince de la paix
Aujourd’hui,
les bruits de la guerre résonnent aux portes de l’Europe,
nous venons à toi pour nous confier à toi.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière :

R/ Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous !

Seigneur Jésus,
nous te prions pour les habitants d’Ukraine
et pour ceux qui les gouvernent :
qu’ils puissent dialoguer ensemble
et grandir dans cette paix que tu nous offres
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
nous te prions pour les habitants de Russie
et pour ceux qui les gouvernent,
qu’ils n’écoutent pas leurs seules voix
mais celle qui mène à la paix.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
nous te prions pour ton Église,
qu’en elle, chacun devienne à ta suite,
un témoin de ton amour
et que la paix, que tu lui offres convertisse notre cœur
et celui de tous ceux qui y exercent un ministère.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière :

Seigneur Jésus,
nous te prions pour nous tous, citoyens d’Europe :
que l’Esprit, qui habite le Christ,
inspire jour après jour nos vies et nos projets.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
tu es le soutien de tous ceux qui sont ébranlés
par la peur, l’angoisse et la violence :
sois et demeure leur soutien.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
doux et humble de cœur :
brise l’orgueil des puissants
et inspire la sagesse à tous les gouvernants.
Qu’ils demeurent au service
des hommes et des femmes de la terre
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
tu appelles tes disciples à vivre en artisans de paix :
change les cœurs de pierre en cœurs de chair
et maintiens en chacun l’esprit d’amour
qui distingue en l’autre un frère, une sœur
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
tu es le prince de la paix,
reçois notre prière.
Tu es béni pour les siècles des siècles.

Protocole sanitaire

PRIÈRE D’INTERCESSION POUR LA PAIX EN UKRAINE

Seigneur Jésus,
tu es le prince de la paix
Aujourd’hui,
les bruits de la guerre résonnent aux portes de l’Europe,
nous venons à toi pour nous confier à toi.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière :

R/ Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous !

Seigneur Jésus,
nous te prions pour les habitants d’Ukraine
et pour ceux qui les gouvernent :
qu’ils puissent dialoguer ensemble
et grandir dans cette paix que tu nous offres
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
nous te prions pour les habitants de Russie
et pour ceux qui les gouvernent,
qu’ils n’écoutent pas leurs seules voix
mais celle qui mène à la paix.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
nous te prions pour ton Église,
qu’en elle, chacun devienne à ta suite,
un témoin de ton amour
et que la paix, que tu lui offres convertisse notre cœur
et celui de tous ceux qui y exercent un ministère.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière :

Seigneur Jésus,
nous te prions pour nous tous, citoyens d’Europe :
que l’Esprit, qui habite le Christ,
inspire jour après jour nos vies et nos projets.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
tu es le soutien de tous ceux qui sont ébranlés
par la peur, l’angoisse et la violence :
sois et demeure leur soutien.
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
doux et humble de cœur :
brise l’orgueil des puissants
et inspire la sagesse à tous les gouvernants.
Qu’ils demeurent au service
des hommes et des femmes de la terre
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
tu appelles tes disciples à vivre en artisans de paix :
change les cœurs de pierre en cœurs de chair
et maintiens en chacun l’esprit d’amour
qui distingue en l’autre un frère, une sœur
Seigneur, Prince de la Paix, écoute notre prière : R/

Seigneur Jésus,
tu es le prince de la paix,
reçois notre prière.
Tu es béni pour les siècles des siècles.

Semaine de sainte Colette 2022

En cette année 2022 notre semaine consacrée à Sainte Colette de Corbie nous réunira à la prière de l’église (Laudes et Vêpres) du jeudi 3 mars au vendredi 11 mars, avec trois temps forts : le samedi 5 mars à 15h l’assemblée générale de notre association des amis de sainte Colette et de l’abbaye de Corbie, le dimanche 6 mars à 10h30 la messe de la fête paroissiale à l’abbatiale de Corbie et le mercredi 9 mars une animation avec les enfants de l’éveil à la foi.

affiche2021bleu

Messe de saint Anschaire : quelques photos

Messe de la saint Anschaire : homélie de Mgr Le Stang

Mgr Le Stang

Frères et sœurs,

L’Écriture Sainte, l’histoire de l’Église, et bien des hommes et des femmes de notre temps, nous livrent des récits de leur rencontre brûlante avec Dieu, expérience qui les a touchés en plein cœur et a transformé leur vie. La liturgie de ce jour nous remet en présence trois personnages bibliques immenses : le prophète Isaïe qui, bien des siècles avant la venue de Jésus, reçoit au Temple sa vocation. Qui enverrai-je ? s’entend-il dire. Me voici, envoie-moi, répond le prophète Isaïe, purifié par le feu de Dieu et libéré de sa peur et de son sentiment d’être indigne. Puis Paul : il annonce le Christ vivant, lui « l’avorton » qui persécutait l’Église avant de rencontrer Jésus sur le chemin de Damas. Et enfin Pierre, transformé en pêcheur d’hommes, après le miracle de la pêche miraculeuse qui le bouleverse et l’effraie. À leur suite, tant d’autres ont pris le relais, tel Saint Anschaire né, ici, à Fouilloy en 801.

En ce site monastique de Corbie, des hommes, suivant dès le VIII° siècle la Règle de saint Benoît, ont tout donné pour un seul désir : chercher et servir Dieu. Des hommes de la trempe d’Isaïe qui se voulaient simplement être purifiés par l’amour de Dieu et le chercher tout au long de leur vie. Mais ces hommes-là, en entrant en contact avec Dieu, ont entendu son incroyable compassion pour le monde. L’abbaye était un lieu d’hospitalité et d’aumône. Jésus regarde les foules et constate qu’elles sont comme des brebis sans berger. Isaïe entend la voie de l’ange qui dit : qui enverrai-je ? et il dit : envoie-moi.

Saint Anschaire connaissait par cœur ces textes, comme tous les moines de l’époque. Pas d’ordinateur ou d’outils numériques pour remplacer la mémoire en ce temps-là. Les moines étaient copistes. Ils recopiaient la Bible et les grands textes de l’Église, les textes des papes et des conciles. Dans ses écrits, Anschaire rajoutait des versets bibliques pour l’inciter à être plus fervent, à demander pardon, à être plus saint. Entre ces moines du IX° siècle et les apôtres de la pêche miraculeuse sur le lac, il n’y a pas beaucoup de distance. Ils croient en ces événements narrés par la Bible, ils rencontrent Dieu qui fait des miracles, ils se laissent envoyer par lui comme pécheurs d’hommes.

Pouvons-nous simplement imaginer ce que vivaient les moines de Corbie qui vont en 822 fonder à Corvey une abbaye nouvelle, non loin des terres du Nord de l’Europe, très hostiles au christianisme ? Nous avons été, sur nos terres de la Somme, très marqués par les horribles guerres mondiales : elles ont fait de nous des victimes, des gens brisés, chassés, détruits. Mais il ne faut pas oublier que ces terres où nous vivons, recouvertes de forêts au Moyen-âge, ont hébergés aussi des abbayes extrêmement puissantes rassemblant des hommes nombreux, courageux, cultivés, qui ont eu un rayonnement extraordinaire. Ces hommes ont posé, avec bien d’autres communautés monastiques, les bases de l’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Ces moines n’avaient qu’une idée en tête : vivre l’Évangile à 100%. Anschaire était de ceux-là. Habité lui aussi par ses rencontres intimes avec le Seigneur, et envoyé à Corvey, dès 823, il fut l’un des leaders de la nouvelle abbaye… et très vite ( à partir de 826) un acteur majeur de l’évangélisation de cette région.  Les moines n’étaient pas seulement moines au sens actuel, homme de prière reclus dans un monastère comme à Saint Wandrille ou au Bec Hellouin. Ils étaient enseignants et missionnaires. Ils vivaient certes en communauté, priaient les psaumes chaque jour durant leurs offices. Mais ils instruisaient aussi le Peuple, aidés des écrits qu’ils recopiaient. Et ils prenaient la route : la vie de saint Anschaire est une épopée extraordinaire, entre la Picardie, l’Allemagne actuelle, les pays scandinaves dans leur immensité, sans oublier les rencontres avec le Pape à Rome, qui le nomma archevêque et légat pontifical en cette Europe du Nord.

Cette vie, racontée par un de ses contemporains et frère, Saint Rambert, en un ouvrage de grande qualité historique et littéraire, narre une aventure incroyable. Le simple mot de viking évoque pour nous de valeureux et cruels guerriers scandinaves. Imagine-t-on qu’ils vénéraient des Dieux qui leur ressemblaient, des dieux guerriers, par lesquels ils se sentaient galvanisés pour devenir des hommes de violence et des combattants sans pitié ? Était-il concevable de convertir à la véhémence de l’amour de Jésus, à l’adoration d’un Sauveur crucifié, ces hommes éduqués pour se battre et dominer les autres ? C’est pourtant ce que firent ces moines médiévaux, Saint Anschaire, courageux, tenace, ascète, parfois seul, bon politique et toujours prêt à mourir en martyr pour le Christ. Lui, avec ses compagnons, à bien des reprises, donna tout pour planter l’Église en Suède et autres lieux.

Sommes-nous dans une époque complétement différente ? Oui et non. Il y a apparemment moins de violence et d’hostilité au message chrétien. En apparence cependant : la violence n’est jamais loin dans nos sociétés et beaucoup sont prêts à écraser les autres pour parvenir à leurs fins. Et pourtant, nous le savons aussi, des siècles de christianisme ont marqué notre culture et la foi au Christ a pris corps ici et a donné de belles aventures de sainteté, d’amour de Dieu et de service des hommes. Il reste des braises de cette intense présence chrétienne chez nous. Il nous faut souffler dessus pour que le feu reprenne. Ici à Corbie et Fouilloy, tout prêt des saintes reliques de ce moine (son bras notamment), devenu très rapidement le saint patron de la Scandinavie, sans oublier les saints qui vécurent aussi en ces lieux, sainte Colette et tant d’autres, je rêve que se lèvent des hommes et des femmes qui cherchent Dieu avec toute l’énergie de leur être. Des hommes et des femmes qui par leur culture, leur désir d’aller en eaux profondes, deviennent sur ordre du Christ, des pécheurs d’hommes, des sauveteurs en mer qui, comme saint Paul, annoncent le Christ Ressuscité à tous ceux qui coulent en pleine mer, sans boussole pour les guider.

Lors d’un discours à Paris, le Pape Benoît XVI, en 2008, avait dit : « Dans l’effondrement de l’ordre ancien et des antiques certitudes, l’attitude de fond des moines était de se mettre à la recherche de Dieu (..). Celui qui devenait moine, s’engageait sur un chemin élevé et long, il était néanmoins déjà en possession de la direction : la Parole de la Bible dans laquelle il écoutait Dieu parler… les chrétiens de l’Église naissante ne considéraient pas leur annonce missionnaire comme une propagande qui devait servir à augmenter l’importance de leur groupe, mais comme une nécessité qui dérivait de la nature de leur foi (…) Pour eux, la foi ne dépendait pas des habitudes culturelles, qui sont diverses selon les peuples, mais relevait du domaine de la vérité qui concerne, de manière égale, tous les hommes. » (Discours aux bernardins, 12.09.2008).

Nous aussi, en ce début de XXI° siècle, nous vivons la fin d’un monde ancien et d’antiques certitudes. La mondialisation, les modifications graves de l’environnement, les migrations multiples, les grandes transformations des mœurs… inquiètent : où allons-nous ? Que vont devenir nos sociétés ? Et au fond, qui sommes-nous en ce vaste monde ? C’est le moment pour des hommes et des femmes de méditation, de prière, de confiance et d’espérance, d’oser dire : ce monde vient de Dieu et il va à Dieu. Il doit être transformé en suivant un cap : celui du Bien Commun, qui n’est pas celui des nationalismes fermés, des intégrismes religieux ou laïcs. Ce monde a été voulu par Dieu pour la liberté de l’amour et pour l’espérance, dans le respect de la dignité de tous, de la conception à la mort. Il a été fait pour que chacun y trouve sa mission et sa vocation, source de joie profonde.

Je m’adresse à vous, les jeunes : ici, dans la Somme, au IX° siècle, un jeune élevé par les moines, Anschar (ou Anschaire), est devenu une des plus grandes figures de sainteté de l’Europe : moine, missionnaire, légat du pape, prêtre, archevêque. Il donnait tout pour annoncer la foi, pour libérer les esclaves, pour désarmer les guerriers… Il a vécu 10 vies en une seule. Et vous ? Que ferez-vous ? N’entendez-vous pas l’appel de l’ange qui vient vous bruler les lèvres et la voix qui dit : Qui enverrai-je ? N’entends-tu pas Jésus t’appeler comme il appela Pierre, Paul et les autres : viens et suis moi… je ferai de toi un pêcheur d’hommes. Laissant tout, ils le suivirent. Et nous, le suivrons-nous ?

Amen.

Cardinal Jean-Claude Hollerich : « Pour être entendue, l’église doit changer de méthode »