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Chaine Whatsapp de notre évêque

Notre évêque, Monseigneur Gérard Le Stang a annoncé lors de la fête de la Saint Firmin la création de sa chaîne Whatsapp. Paroles d’espérance, prières et vie du diocèse de la Somme : la voix de notre évêque dans notre smartphone, pour une église vivante et proche.

 

Homélie de Mgr Le Stang pour la Saint Firmin 2024

Chers frères et sœurs, 

Grâce à Saint Firmin, la foi chrétienne a fleuri sur notre terre picarde. Firmin s’est mis en marche avec des frères pour annoncer l’Évangile, depuis Pampelune, en sa lointaine Navarre. Il a été touché par la personne de Jésus, le Fils de Dieu, crucifié pour nous. Il a lu et médité la Parole de Dieu et s’est dit : cette Parole est vraie ! Elle est un roc sur laquelle je puis bâtir ma vie. Plusieurs parmi vous, de plus en plus nombreux, catéchumènes, néophytes, baptisés ou confirmés depuis peu, ou ayant repris le chemin de l’Église, le savent bien : la foi joue comme un tsunami intérieur. Dieu touche l’âme. L’esprit accède à l’essentiel. Tout s’unifie et s’éclaire. Le corps lui-même s’apaise. Convertis au Christ, nous trouvons un port d’attache et aussi la capacité de naviguer sans peur en haute mer. Nous trouvons l’abri protecteur de la miséricorde divine, et le goût, en nous trouvant nous-mêmes, d’aller trouver les autres, fussent-ils fort différents de nous. Dans l’Église, nous nous sentons chez nous, non pas comme citoyen d’une cité parfaite, tant s’en faut, nous l’apprenons bien vite, mais comme membre d’un corps où chacun a sa place et sa vocation, en chemin vers la Cité du ciel. Trouvés par le Christ, qui frappait depuis longtemps à notre porte, nous trouvons la paix du cœur et sommes guéris d’une forme d’aveuglement, parfois certes, après de cruelles épreuves. « On ne voit bien certaines choses qu’avec des yeux qui ont pleuré » nous apprend un proverbe africain. Mais les larmes de l’épreuve ou celles du repentir savent devenir des larmes de joie. Le Christ est vivant, et il dit : va, ne crains pas, tu connais désormais le chemin, je serai avec toi tous les jours ; va, les serpents ne te piqueront pas, les poisons mortels ne te tueront pas ; va et mets-toi au service des malades et des pécheurs, de ceux qui ne connaissent pas Dieu ; va, annonce ma Parole aux pauvres et dis leur que la vie n’est pas une impasse. Sans prendre en mains des serpents, notre cœur nous le dit : Croire en Jésus Ressuscité éveille en nous une énergie de résurrection que ni l’angoisse, ni la mort même ne peuvent éteindre.  

Frères et sœurs, l’expérience fondatrice de la rencontre du Christ qui nous aime est ainsi le cœur battant de notre foi et de notre vie ecclésiale. Que nous soyons chrétiens de la première heure ou converti de la dernière, c’est le Christ qui donne sel et lumière à nos existences. Il nous rend frères et sœurs. Il oriente nos choix et nos destinées. Nos traditions, nos églises et chapelles, nos liturgies et nos paroisses, tout trouve son sens en puisant à ce lien d’amitié au Seigneur, à l’adoration que nous lui vouons et à la confiance en sa Providence. Nos approches de la dignité de toute vie humaine, de la fraternité et de la justice, notre vision de la société où l’estime remplace l’invective, le soupçon et la polémique, notre goût pour la science et la culture, tout cela puise à cette source de l’amitié de Jésus et au projet du Créateur pour le monde. La vie des justes est dans la main de Dieu, – dit la première lecture – aucun tourment n’a de prise sur eux… et même s’ils sont éprouvés comme l’or au creuset, ils sont dans la paix. De cette paix, il nous revient d’être témoins : c’est un devoir de conscience, mais surtout un désir jaillit du tréfonds de nos âmes, que Saint Paul résume en une phrase choc : malheur à moi si je n’évangélise pas !  

Évangéliser, mais comment, dites-le-moi ? Joyeux d’être au Christ, nourris par sa Parole et son eucharistie, membres de son Corps qui est l’Église, habités par une sagesse et une folie inattendues, nous avons beaucoup à partager. Mais comment faire ? En évitant le prosélytisme bien sûr – les doctrines fausses, les motifs impurs ou la ruse – dit St Paul aux chrétiens de Thessalonique. Commençons plutôt par regarder comment nous l’avons déjà fait, et comment nous le faisons dans les rencontres multiples de notre vie. Évangéliser, c’est voir nos interlocuteurs non comme des personnes à convertir – la conversion, c’est le job de Dieu ! – mais des personnes à aimer, à visiter, à écouter, à soutenir. Des personnes avec lesquelles partager, raconter ce qui nous tient le plus à cœur. Si la foi te brûle de l’intérieur, n’est-ce pas l’espérance qu’elle donne qui te tient le plus à cœur ? Il n’est alors pas sorcier de se mettre en chemin, d’organiser une mission paroissiale, de rencontrer l’autre à un niveau de respect et de profondeur dont nous le savons capable, le laissant libre de recevoir ou pas notre parole. Ni grandes théories ou discours, non, mais le cadeau d’une joie, d’une conviction. Le langage de la foi n’est pas une langue étrangère, un sabir étrange, un karaoké pour perroquet. C’est le langage du cœur, imprégné de la Parole de Jésus, qui d’abord écoute et interroge : Que veux-tu que je fasse pour toi ? En quoi crois-tu dans la vie ? As-tu déjà essayé de prier ? Voulez-vous que je prie pour vous ? Un langage qui nous fait être et vivre en vérité. Est-ce encore possible, me direz-vous l’heure des grandes peurs, où on préfère rester chez soi, à zapper sur Netflix ou tapoter ses écrans ? Mais ce temps, souvenons-nous des J.O, est aussi celui où des athlètes savent s’imposer une discipline sévère pour remporter des médailles ? Dans discipline, il y a disciple. Les athlètes de Dieu sont d’abord des disciples, et même si la discipline est sévère, il y a du bonheur à la vivre. St Paul dit aux Thessaloniciens : nous avons trouvés en notre Dieu, pleine assurance, pour vous annoncer, au prix de grandes luttes, l’Évangile de Dieu. A force de ne plus oser être témoins du Christ, nous risquons de devenir nous-mêmes des sous-évangélisés, car notre foi grandit quand on la transmet. Soyons honnêtes avec nous-mêmes : puisque la foi est importante pour nous, ouvrir des chemins, n’est-ce pas un merveilleux cadeau à offrir et le premier de nos devoirs ? Voilà qui balaie tous les prétextes, les inerties ou résistances que montent en nous.  

C’est d’abord cela, frères et sœurs, qui se trouve au cœur de la lettre pastorale que je vous adresse en ce jour. Son titre sonne comme un acte d’espérance qui nous ancre dans le présent : la moisson est abondante – surtout en cette année où elle n’a pas été bonne -. Après avoir rappelé la situation contrastée de notre Église, cette lettre présente le cadre et l’itinéraire pour vivre ensemble le témoignage au Christ Vivant dans les cinq ans à venir. Le cadre est celui des six champs missionnaires qui recouvrent le territoire de la Somme et remplacent les 14 secteurs apostoliques, et au sein desquels des projets d’évangélisation et de service, de proximité et dialogue, seront portés par des équipes de laïcs de nos paroisses, appelées à un souffle nouveau, et par des fraternités de prêtres. Cela j’y tiens particulièrement : que les prêtres, sous la houlette d’un modérateur, se retrouvent en fraternité le plus souvent possible pour prier, partager, se projeter et fêter. Aucun prêtre ne doit se retrouver isolé, notamment quand il arrive en mission chez nous d’un autre pays, puisque nous avons la grâce d’être servis par des prêtres d’horizons divers. L’Esprit est à l’œuvre en notre temps et la moisson est abondante. Des jeunes et des adultes frappent à nos portes pour demander un sacrement, vivre nos liturgies, et partager nos valeurs… et tant d’autres, intimidés ou ne sachant pas comment faire, se perdant parfois sur les réseaux sociaux ou dans des recherches ésotériques, voire pire, nous disent : venez nous aider, nous parler, vous qui semblez motivés par un amour plus grand que l’amour, car Dieu est amour. A nous d’aller vers eux en ce temps favorable. A nous d’être l’église « en sortie » !  

La semaine passée, nous avons fêté un autre saint du diocèse, Saint Antoine Daveluy, prêtre d’Amiens, un des martyrs de Corée au XIX° siècle. Dans une lettre, lue au jour de sa fête, il écrit : « … ce qui va nous arriver, Dieu seul le sait. Pour nous, vous le savez, quelques jours de souffrance seraient compensés par le bonheur de confesser le nom de Jésus-Christ. Et si Dieu nous permettait que la palme nous fût accordée, nous serions trop heureux. (…) (la perspective du martyr ne l’empêche pas de rester serein et confiant en Dieu) … je n’ai pas l’ombre d’un souci, écrit-il plus loin, pas d’ennuis, de découragement, je suis toujours calme, gai, content, heureux. C’est le commencement des grâces dont Dieu veut bien nous entourer. Sous sa garde, que puis-je craindre ? Je ne changerai pas mon état pour tout au monde. Aux yeux de la foi, tout est donc très bien. »  

Frères et sœurs, en 2025, comme tous les 25 ans, nous entrerons dans une année de jubilé. Son thème tient en deux mots : Pèlerins d’espérance. Tout un programme ! J’ai beaucoup d’espérance et de confiance pour l’avenir de notre diocèse, et je mesure combien Dieu le bénit chaque jour, au cœur de ses fragilités… même si avec Saint Antoine, on peut dire : « Ce qui va nous arriver, Dieu seul le sait », j’ai juste envie, ce matin, que vous partagiez mon espérance. La vie de notre Église est dans la main de Dieu. Alors, que chacun y vive à fond sa vocation, car Dieu veut, par nous, transmettre au monde son éternelle joie. Amen.  

+ Mgr Gérard Le Stang
Evêque d’Amiens

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29 septembre 2024 : fête de la Saint Firmin

Fête de la Saint Firmin

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Installation de M. l’abbé Delépine : homélie de Mgr Le Stang

Monseigneur Gérard Le Stang

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Athlètes, pour le combat de la foi.

A l’heure des jeux olympiques et du ressourcement de l’été, Mgr Le Stang nous propose une méditation pour relire notre vie à la lumière des postures que le sport nous pousse à cultiver*

Le sport, étymologiquement, est une détente, un amusement aussi. Comme les activités culturelles, il a une part de gratuité, nécessaire à la respiration d’une vie et à son incarnation. Par son lien, entre autres, au corps et à la vie commune, il n’est pas sans analogie avec l’expérience chrétienne. L’Évangile ne fait pas allusion, comme tel, à ce genre d’activité physique ou ludique. Il est même pudique : le corps de Jésus n’est pas décrit et aucun jeu de séduction ne le traverse lorsqu’il se livre pour la vie du monde. Saint Paul use d’un certain nombre de métaphores tirées des jeux du stade, mais cela n’infère pas qu’il était un praticien du sport. Le passage de son zèle pour la Loi à la Passion de l’Évangile, l’a conduit à s’occuper autrement qu’en encourageant les athlètes dans les gymnases !
L’essence de l’activité sportive, peut cependant nourrir notre chemin de foi, notre combat spirituel et notre vocation à la sainteté. Voici une petite méditation qui mêle réflexion sur l’activité sportive, accueil de quelques versets de l’Écriture et interrogation sur notre être au monde dans l’Esprit Saint.

Se concentrer.

Le sportif, pour un entraînement sérieux ou une compétition, se concentre. Il se rend présent à son corps. Il soigne son « mental » au sens où il ne se laisse pas affecter par des états d’âme perturbateurs. Il soigne son attention à ce qu’il vise. Il est conscient des muscles de son corps les plus sollicités, et de son être tout entier. Il est très attentif à son souffle, sa respiration intérieure. Il ne se compare pas, ne se sous-estime pas, ne se détache pas du réel. Dans l’action même, il reste présent à son acte. Que ce soit au tir à l’arc, à une descente en slalom, à une compétition de natation ou d’athlétisme, rien ne le distrait. Veillant sur son corps et son mental, il est attentif à ne pas se mettre en danger et connaît ses limites.

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. Luc 9, 51
Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Luc 14, 28

Ces versets, parmi d’autres, nous enseignent la gravité du pèlerinage chrétien. La vie croyante est réaliste. Elle nécessite de la concentration, une attention au présent, une connaissance de soi, une détermination qui se voit sur le visage. C’est une aventure certes, ouverte à l’inconnu mais qui est engagement de tout l’être, corps, âme et esprit.

Spectateur du sportif, ou me souvenant de mes activités sportives actuelles ou passées, je m’interroge : quelle présence au réel dans ma vie, au moment des actes qui demandent une forme d’ascèse ou du courage, comme la montée de Jésus à Jérusalem, en cette étape où il engage sa vie ? Quelle attention mes forces et faiblesses pour m’engager à « bâtir une tour » et à aller au bout de cet engagement ?

Éprouver.

Le sportif passe par l’épreuve, celle de l’entraînement ou de la compétition. Cette épreuve unit un désir profond et l’acceptation d’une souffrance, parfois intense et durable, qu’implique l’entraînement. Elle est un exercice à recommencer à l’infini. Elle est un combat rude, qui exige motivation et fidélité dans les entraînements quotidiens sans lesquels aucune victoire n’est possible.

Luc 22, 15 : J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir.
2 Tm 4,7 : J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.

Le combat spirituel est l’ordinaire des jours pour le croyant. Pour la foi que j’ai gardée, béni sois-tu Seigneur, dit un cantique. La foi ouvre sur un grand désir, celui de voir Dieu, de conquérir le monde au Christ, d’incarner l’Évangile auprès des plus pauvres, de prouver par notre vie que Dieu existe et qu’il est bon. Cela suppose un combat contre ses propres paresses, ses démons, et contre tout qui nous ferait croire qu’il est aisé de pardonner ou d’aimer ses ennemis. Le désir de Jésus tendu vers Pâque est l’acte du combattant livré pour la victoire de la Croix. Il a vaincu Satan au désert et l’a repoussé à toutes étapes de son cheminement, y compris dans son agonie (ce mot, du reste, veut dire combat (agôn)).

Je m’interroge : Quels combats continus mon engagement de foi m’a-t-il poussé à vivre ? Comment ai-je renoué, à chaque découragement, avec le « grand désir » qui m’a poussé à les vivre ? Quel est mon combat, mon agonie du moment ?

Fraterniser.

Le sport et l’amitié font bon ménage. Quel bonheur de retrouver ses amis, ses compagnons d’effort et de jeu, ses adversaires d’un moment ou de toujours, pour s’entraîner et performer ensemble. « Cette victoire est celle de toute une équipe » dira le vainqueur, bon prince et réaliste à la fois, à quoi il ajoutera les remerciements au public, car un effort à supporter est plus facile avec des supporters ! Il y a une beauté et une fécondité dans l’élan du sportif, le fair-play, la course ou le jeu en équipe, la transmission de relai, la virtuosité, l’art de gagner et celui de perdre. Le sportif illumine le visage de l’enfant handicapé et parfois court pour lui. Il court pour ceux qui ne courent pas comme d’autres prient pour ceux qui ne prient pas. « Jouer sportif », c’est donner de l’amour.

Puis, il gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle, avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. (Marc 3, 14-19)

Jésus sélectionne une équipe. Tous ne sont pas appelés. Les appelés se mettent à son école. Ils s’exercent à le suivre, dans ses longues marches. Il les entraîne à Jérusalem, où il va mourir pour ressusciter, et eux avec lui. Il leur apprend à fuir l’entre-soi d’une élite, et à vivre pour les malades, les infirmes, les possédés et les pécheurs. Pour le salut du monde. Leur fraternité est prophétique. Ils sont appelés à être serviteurs et aussi, par grâce, des amis.

Je m’interroge : avec quels frères et sœurs, en équipe et fraternité, ai-je eu la joie de donner le meilleur de moi-même, d’être soutenu et de soutenir, de servir, de fraterniser et d’éprouver des amitiés qui me nourrissent encore aujourd’hui ? Qui sont mes compagnons d’épreuve, ceux-là seuls avec qui j’ai vécu d’inénarrables combats ?

Respecter les règles.

Le sport a-t-il une âme ? Je ne sais pas, mais les sportifs, eux, en ont une, j’en suis sûr. Tout authentique athlète, comme l’artiste ou le saint, a au fond de lui-même, – plus fort que les tentations de l’argent, de la corruption, du dopage, de la gloire -, le désir de donner le meilleur de lui-même. Il a, en quelque sorte, un appel à sortir de lui-même, un talent à déployer. En fuyant tout ce que « le système » engendre, il s’atteint lui-même et trouve la joie. Le sport apprend l’humilité, et bien d’autres vertus, qui s’acquièrent par la pratique et le respect de règles parfois sévères. Ces règles font la beauté du jeu et de l’épreuve. Le sportif communie ainsi avec le peuple des humbles. Ses plus belles victoires sont d’abord sur lui-même. Elles sont don de grâce. Il en est parfois le premier surpris.

Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire :Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira :Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. » (Luc 14, 7-11).

L’Évangile invite à ne pas faire « comme le font les païens », les hypocrites ou les fanfarons qui transgresse les règles ou se hissent du col. Il est contre ce qui dévoie le sport. Il est passage par la petite porte de la voie de pauvreté, ouverte à celui qui découvre combien « aimer, c’est tout donner, et se donner soi-même ».

Je m’interroge : la volonté de vaincre, de gagner, d’être parfait comme le Père céleste est parfait est-elle encore traversée par la volonté de puissance, de possession, de vaine gloire ? Quelles pratiques, quelles rencontres authentiques, quelles combats me remettent sur le chemin de la pauvreté de cœur, et le consentement à mes faiblesses ?

Je vous laisse poursuivre cette méditation sur le « geste sportif ». Elle peut éclairer ce que nous avons à vivre à la suite du Christ. Il y a beaucoup à dire. L’Écriture Sainte éclaire le destin de l’homme, tiré du limon pour resplendir de la Gloire de Dieu. Les athlètes, au sommet de leur de leur discipline et de leur fraternité, disent quelque chose de cette transfiguration promise à nos pauvres êtres. Ils incarnent la sortie de soi, éclairant ceux qui aspirent à au sommet de cette sortie de soi en criant : Pour moi, vivre, c’est le Christ (Phil 1,21). L’homme nouveau, pauvre de cœur, mobilise mieux ses forces quand d’autres lui ouvrent la voie. Il ressent, non loin de lui, la présence trinitaire, Amour qui infiniment se donne. Si le sacrifice et le bonheur des sportifs nous y aident, merci à eux et gloire à Dieu.

+ Gérard Le Stang

Évêque d’Amiens.

* Sur la base d’un article paru dans la revue Cor Unum, mai-juin 2024 (n° 3).

 

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Lourdes en Somme à Corbie le mercredi 10 juillet 2024 à 14h30 (chapelle de l’hôpital)

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Merci pour le pèlerinage diocésain des vocations

Quelques photos et nos remerciements pour ce grand moment de rencontre et de prière

Le pèlerinage diocésain pour les vocations : programme détaillé

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Le pèlerinage diocésain pour les vocations passe à Corbie le 1er mai : appel à participation

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