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La vie est trop courte : redécouvrons l’indulgence
La vie est trop courte : redécouvrons l’indulgence
« Rancune et colère, voilà des choses abominables où l’homme pécheur est passé maître » (Ben Sira le Sage)
St Paul nous dit que la seule manière d’arrêter le mal, c’est de le désarmer : « Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais rendez-vous vainqueurs du mal par le bien » (Romains 12,21)
Si l’on reste sur ses positions et dans la spirale de la violence, l’exigence évangélique nous semblera impossible. L’amour, que nous sommes invités à vivre, nous pousse à ne pas retenir ce que l’autre a pu faire pour nous blesser, mais à toujours voir le bien, le bon, dans le présent, pour l’avenir. Cela est très exigeant, mais c’est le message d’amour et de pardon du Christ que nous recevons en ce dimanche. Le « Seigneur est tendresse et pitié. Il n’agit pas envers nous selon nos fautes. Il pardonne et ne nous rend pas selon nos offenses », chante le psalmiste.
Ai-je des dettes à remettre ? des pardons à donner, à redonner ?
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » « Luc 6,36 »
Avec la grâce de Dieu, tout est possible. Demandons-la.
Jean-Marc Boissard, prêtre
Oser parler vrai !
Oser parler vrai !
L’Evangile de ce dimanche est tiré d’un ensemble de « consignes » que Jésus adresse à la communauté des disciples, elle qui forme l’Eglise, telle que Dieu l’aime et la désire.
L’Eglise, comme tout groupe humain, comprend des hommes et des femmes fragiles, « pas meilleurs que les autres », comme on dit souvent. Jésus nous appelle donc à vivre dans des rapports fraternels. L’Eglise que Jésus décrit, c’est un groupe où l’on se parle, où l’on s’exprime et où l’on se sent responsable de ses frères.
Si nous avons des reproches à nous faire, c’est dans le dialogue qu’il faut le faire, en vue de garder l’unité. L’Eglise est lieu et lien de miséricorde. Dans nos efforts de réconciliation, croyons à la force de la prière, à cette présence cachée du Christ ressuscité : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, Je suis là, au milieu d’eux », dit le Seigneur.
Jean-Marc Boissard, prêtre
Comportez-vous en chrétien : s’ajuster aux pensées de Dieu
Comportez-vous en chrétien : s’ajuster aux pensées de Dieu
Comme le prophète Jérémie et comme les apôtres Pierre et Paul ainsi que chaque croyant, nous sommes saisis par cet appel : « Mon âme a soif de toi, Seigneur mon Dieu ! » (Ps 62)
S’ajuster aux pensées de Dieu, chercher à accueillir chaque jour la volonté du Seigneur, telle est cette demande pressante de Jésus à ceux qui le suivent. Jésus, en homme libre et lucide, entrevoit sa passion et sa mort prochaine, annonce qu’Il va « souffrir beaucoup » par amour pour nous.
Mais Pierre, avec son bon sens ne comprend pas. Il réagit vivement. Alors le Christ-Jésus s’oppose à lui violemment. IL renverse les perspectives pour nous faire entrer dans celles de Dieu qui ne sont pas les nôtres et nous adresse cette parole : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive… »
Porter sa croix dans la vie quotidienne, c’est agir par amour des autres comme Jésus, leur donner priorité, accueillir la vie telle qu’elle se présente à nous. Cela demande des efforts, de la patience et de l’écoute intérieure …pour discerner. Sans nul doute, à certains jours, il nous faut prier devant la croix.
Jean-Marc Boissard, prêtre
Question pour un champion
Question pour un champion
Si nous devions décrire Jésus, à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler, que lui dirions-nous ?
C’est près de la source du Jourdain et devant le sanctuaire dédié au dieu hindou Paon (symbole de résurrection et d’éternité), que le Christ-Jésus interroge ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? »
Il y aurait mille et une façons de définir Jésus. Mais l’apôtre Simon n’a pas besoin d’un long discours pour affirmer, de façon spontanée, sa foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». En admiration devant cette réponse, Jésus rend témoignage au Père de lui avoir donné la lumière de la foi. Comparé à un roc, Simon reçoit la mission de devenir la pierre de construction de l’Eglise parce qu’il croit.
Jésus bâtit… Il commence avec Simon-Pierre, cet homme humble, à la foi solide, à qui Il confie la tâche de guider l’humanité à entrer dans le dessein d’amour de Dieu. Quel projet magnifique !
Et moi, qu’aurais-je envie de répondre au Seigneur ? Quels mots vais-je employer ? Réfléchissons-y, car notre réponse nous engage, nous lie, nous relie au Christ et à son Eglise ou nous en délie. Certes, l’Eglise peut nous blesser et nous décevoir. Elle ne sera jamais idéale parce que faite d’hommes et de femmes imparfaits, pêcheurs, mais elle repose sur le Christ Tête, frère et Sauveur, pierre angulaire de la Bonne Nouvelle de l’Evangile. On ne peut donc prétendre aller à Dieu en refusant l’Eglise.
Jean-Marc Boissard, prêtre
Dieu, anti raciste
Dieu, anti raciste
En se rendant au Liban, à Tyr et à Sidon, Jésus sait qu’il va rencontrer des gens différents, encore jamais côtoyés. Les juifs, en effet, n’aiment pas les Cananéens qu’ils traitent de « chiens ». C’est dans cette ambiance et ces connotations racistes qu’Il rencontre, de façon inattendue, une femme du pays.
Voici que cette femme vient troubler, par ses propos tenaces, la route de Jésus et de ses disciples. Elle lui demande avec force de guérir sa fille : « Prends pitié de moi, Seigneur, viens à mon secours ! » Devant l’attitude muette et fermée de Jésus, elle ne lâche rien. Au contraire, elle le supplie de tout son être. Et puis soudain, dans un retournement imprévu, Jésus l’exauce en émerveillement de sa foi. « Femme, ta foi est grande ! »
Dans cet Evangile, toutes les frontières sont franchies. Jésus n’est pas dans son pays et les conventions sont bousculées : une femme, une païenne lui adresse la parole. Jésus se laisse déranger et interpeller après l’avoir initialement rabrouée.
Jésus opère donc une révolution. Dieu nous est révélé comme le « tout autre ». Son amour « sauveur » est pour tous les hommes. Sa maison est pour tous les peuples (Isaïe). Quant à nous, quelle(s) grâce(s) avons-nous à demander au Seigneur, quel (s) pas avons-nous à franchir ?
Jean-Marc Boissard, prêtre
Avec Marie, oser l’action de grâce
Avec Marie, oser l’action de grâce
La femme est porteuse de vie, « porteuse de la vie de Dieu », nous dit la Bible. Elle est cette figure offerte, ce beau et grand cadeau de Dieu qui se réalise avec Marie, annoncée dans l’Apocalypse de Saint Jean.
Assomptée, c’est à dire, élevée corps et âme dans la Gloire du ciel, près du Père, nous la vénérons et nous la prions en cette fête de l’Assomption.
En faisant irruption dans la vie d’une jeune femme de Galilée, Dieu s’est fait proche, se révélant « Dieu avec nous », et même « Dieu en nous ». C’est donc Lui, le trésor caché qui se révèle par son incarnation. La Vierge Marie enfante pour l’humanité le messager de la Bonne Nouvelle. C’est en Lui et par Lui, Christ-Jésus, Dieu fait homme, que nous recevons le souffle de la vie divine. Il est notre Berger, notre Salut, notre bonheur et notre solide espérance contre les forces contraires, celles du mal et des puissances de mort. La vie de Dieu en nous est plus forte que tout (St Paul).
Marie en est consciente : « Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ! » Par sa prière du Magnificat, elle rend grâce à Dieu pour l’intervention qu’Il fit dans sa propre vie. Avec elle, osons rendre grâce, à notre tour, de tout ce que Dieu fait de beau et de grand dans nos vies.
Jean-Marc Boissard, prêtre
La prière, chemin de confiance et de paix
La prière, chemin de confiance et de paix
Après leurs balbutiements et leurs tâtonnements, voici que les disciples crient leur acte de foi envers la personne de Jésus : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! ».
Cette affirmation rappelle celle de Jacob : « Dieu était là et je ne le savais pas ». Les disciples font l’expérience que Dieu est avec eux. Jésus vient vers eux, marchant sur les eaux, malgré le vent et la tempête. « Confiance, c’est moi, n’ayez plus peur », leur dit-il !
Quand on a peur, on se replie, on fuit, on trébuche. Mais voici que les faiblesses, les épreuves et les doutes des disciples s’estompent et se transforment en confiance. Les ayant sortis des eaux de la mort, Jésus les conduit sur la rive de la vie !
La découverte de Dieu passe nécessairement par des circonstances diverses qui parlent à chacun selon son cœur. Jésus lui-même se « retire » dans la montagne pour prier. Il se reçoit alors « fils » de Celui qui l’a envoyé dans ce monde.
Et pour nous-mêmes, comment ne pas être bousculés et interrogés ? En ce temps d’été, choisir des moments de solitude et de prière ne pourra qu’être bénéfique pour notre vie spirituelle. Enraciner notre prière dans celle de « Jésus » pour qu’Il la présente au Père, alors, la joie et la vie de Dieu soulèveront notre cœur.
Jean-Marc Boissard, prêtre
« Pique-nique géant »
Pique-nique géant
Les repas prennent beaucoup de place dans nos vies mais aussi dans les Évangiles. C’est la manière de Dieu d’être proche, de révéler sa présence et de se donner.
Devant la multitude de ceux qui viennent à Lui, Jésus ne s’irrite pas et ne cherche pas à fuir. Il montre son humanité et sa grande compassion. Le bon sens des disciples leur fait dire à Jésus de congédier tous ces gens en quête de « nourriture », mais Jésus réagit « autrement ». S’opposant à un renvoi logique, Jésus renverse la situation en impliquant ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ».
Jésus demande donc à la foule de s’assoir sur l’herbe comme on le fait pour un pique-nique.Il reçoit le « peu » qu’il y a : cinq pains et deux poissons. Il les prend, les bénit et les rompt pour être donnés et partagés, gestes identiques à ceux de l’Eucharistie. Les disciples reçoivent la même part que celle des autres. Le banquet du « royaume », c’est donc maintenant avec Jésus, pas seulement pour quelques-uns, mais pour tous !
Les gens n’ont pas seulement mangé, ils furent « rassasiés », nous dit l’Évangile. Mais qu’est-ce qui rassasie vraiment ? Donner, partager, recevoir gratuitement, c’est certainement cette manière qui nous comble et nous mène à être « disciples » de Jésus.
Jean-Marc Boissard, prêtre
« Toujours prêt ! »
Cette célèbre devise scoute invite à être à l’écoute de soi-même, des autres et de… Dieu !
Une course au trésor, c’est ce que nous propose l’Evangile de ce dimanche. Une course pas comme les autres, car il s’agit d’atteindre la vie éternelle. Le vrai trésor ne consiste ni dans la possession de l’argent ni dans l’accumulation de biens et de richesses, mais il consiste à « entrer dans l’intelligence des mystères de Dieu, ainsi que de goûter la sagesse et la joie intérieure », nous dit Jésus.
C’est pourquoi celui qui a vraiment découvert en lui la présence d’un tel trésor de vie, de grâce, d’espérance et d’amour, ne peut que courir se libérer de tout ce qui l’encombre.
Prenons donc soin de notre champ qui renferme de nombreux trésors, de toutes les perles découvertes dans notre cœur ou encore de toutes les prises de nos filets. Trier, ranger une pièce ou ses placards, se séparer d’un objet, d’un habit, ou éventuellement rédiger son testament, rendons grâce pour toutes ces perles « cachées » ou « redécouvertes » que nous avons envie de donner.
En méditant les paraboles, nous commençons à comprendre que l’entrée dans le « royaume des cieux » exige discernement, sagesse et choix réfléchis.
Jean-Marc Boissard, prêtre
« En quête d’un monde nouveau»
Toute plante a envie de croître, quel que soit son environnement. Certaines d’entre elles, les mauvaises herbes, sont indésirables aux yeux des hommes. Et pourtant, animaux et insectes s’en régalent !
Nous avons du mal à accepter que l’ivraie côtoie le bon grain. Dans son parler en paraboles et dans une première image, Jésus nous invite à regarder ce qui est bon en nous et à ôter ce qui est « mauvais », autrement dit, à orienter notre vie pour qu’elle produise le meilleur.
Autre image : une toute petite graine, plantée en terre, se met à germer, à tel point qu’elle dépasse toutes les plantes du potager : image de l’amour, de la foi et de l’espérance qui grandissent et se répandent sans bruit dans le monde…
Autre image encore : du levain dans trois mesures de farine pour faire un pain. Le levain se dissout dans la pâte pour la faire gonfler. Puissance de vie, puissance mystérieuse de Dieu qui fait grandir en chacun de nous son « royaume ».
« L’origine du mal ne vient pas de Dieu », nous dit Jésus. Celui qu’Il nomme « ennemi », « diable », « Satan », et qui agit à notre insu, sera, un jour, totalement vaincu… promesse d’une moisson finale où les justes resplendiront. A nous donc d’accueillir, avec joie, le semeur qui agit en nous et au cœur du monde.
Aujourd’hui, Seigneur, c’est en toi que je mets ma confiance, mon espérance et ma foi. Apprends-moi à voir le bon grain.
Jean-Marc Boissard, prêtre